La question du deuxième

Je lis souvent des commentaires d’entourages un peu pressants : « c’est pour quand le deuxième ? »

Je ne sais pas si on a l’air déjà débordés avec un, mais on n’a jamais eu ce genre de questions. Pourtant, la question du deuxième me taraude de plus en plus. Non, pour être honnête, c’est plus que ça… l’obsession revient, j’envie les ventres ronds, je suis désagréable avec Monsieur Pom.

Car lui, le deuxième, c’est même pas sûr qu’il le veuille. Il a grandi avec un frère et une soeur, j’étais fille unique… notre vision est totalement opposée.

Il m’est inconcevable que le Lutin soit fils unique. Pour tout un tas de raisons qui ne sont pas forcément bonnes d’ailleurs, mais de toute façon je crois qu’on est plus heureux quand on est moins rationnel.

Reste que, même mes tripes se posent des questions. Je suis tellement fusionnelle avec le Lutin, comment faire de la place à un autre enfant ? Est-ce que je l’aimerai autant ? Est-ce que j’arriverai à avoir du temps pour les 2 ? Est-ce que le Lutin va en souffrir si ma grossesse se passe comme la première ? Est-ce que je suis assez solide pour surmonter tout ce qu’une grossesse implique en termes de risques ?

Voilà plusieurs mois que je prépare mon corps. J’ai perdu du poids, changé complètement mon alimentation, ce qui a eu pour effet positif de me faire retrouver des cycles réguliers. Je rêve d’une deuxième grossesse « naturelle ». Vous me direz, c’est ce qu’on aimerait toutes…

Mais c’est surtout que j’aimerais que ma deuxième grossesse n’ait rien à voir avec la première. J’ai l’espoir que si mon corps fonctionne mieux AVANT, alors il fonctionnera peut-être aussi mieux pendant…

Il y a 16 mois quand le Lutin est né je ne pensais pas être marquée par ma grossesse alitée. 16 mois plus tard je ne suis plus aussi certaine de m’en être tirée indemne… le traumatisme est profond mais il est là, il se traduit dans des petites choses d’apparence anodine… cet allaitement qui se poursuit alors que je devrais arrêter pour prendre un traitement incompatible, cette angoisse permanente qu’on découvre une maladie chez le Lutin (qui expliquerait que mon corps le rejetait), ce besoin d’être physiquement proche de lui, même si Monsieur Pom sature du cododo…

Bref, mon corps se prépare mais je crois que je suis très loin d’être prête…

Hystéroscopie et avenir

Mon petit Lutin a fêté son premier anniversaire, j’ai donc décidé qu’il était temps de passer cet examen qui pouvait – ou non – m’aider à comprendre le pourquoi du comment de cette MAP.

J’ai eu mon retour de couches début octobre, exactement 1 mois après ma reprise du travail. Je ne savais pas à quoi m’attendre étant donné qu’avant ma grossesse je n’avais pas de règles naturellement. Grosse surprise, mes cycles n’ont pas excédé 50 jours depuis mon RDC et je n’ai pas eu de problème à prendre RDV pour l’hystéroscopie.

Le médecin qui m’a reçue était plutôt froid. Je n’avais lu que des bons commentaires de ses patientes… j’ai été un peu déçue. En gros, j’ai eu l’impression que pour lui, en l’absence d’un réel accouchement prématuré ou de fausse couche, me prescrire cet examen était totalement inutile. Peut-être, j’en sais rien, mais je ne me le suis pas auto-prescrit donc ce n’était pas la peine de me le faire ressentir.

Passons à l’essentiel, le résultat : utérus absolument normal.

Rassurant d’un côté, et puis d’un autre je ne suis pas plus avancée…

Hystéroscopie diagnostique pour MAP sévère ?

4 mois depuis que j’ai accouché. 4 mois. Le même temps que j’ai passé couchée pour préserver cette grossesse.

Je reste marquée par cette grossesse alitée, plus que je ne le pensais. J’ai la chance d’avoir mon bébé dans les bras, mais voir une femme avec un gros ventre se balader dans la rue me fait toujours un pincement au coeur.

A la visite des 6 semaines post-accouchement, ma gynéco – qui n’a rien suivi de ma grossesse puisqu’elle a entamé son congé maternité le soir où elle m’a envoyé aux urgences pour raccourcissement du col à 26SA, a immédiatement tiqué quand elle a appris que j’avais accouché à 37SA. Quand j’ai ajouté que j’avais suivi un alitement strict, elle m’a immédiatement prescrit une hysteroscopie.

Depuis, je repousse la prise de RDV. Déjà parce que je ne supporte plus de montrer mon intimité à tout un tas de médecins – au point d’avoir annulé ma rééducation périnéale et d’avoir refusé une chirurgie d’un kyste de la glande de Bartholin. Mais aussi et surtout parce que j’ai peur de ce qu’on trouvera. Ou de ce qu’on ne trouvera pas.

Car si l’hysteroscopie ne trouve aucune cause à cette MAP, je ne sais pas comment je trouverai le courage de tenter une nouvelle grossesse.

Je sais que j’ai l’énorme chance d’être maman de mon fils. Mais je suis fille unique et je ne veux pas faire de lui un enfant unique. Pas parce que je ne veux pas qu’il soit pourri-gâté (c’est la seule chose que les gens retiennent des enfants uniques) mais pour tout ce que ça fait peser sur les épaules de l’enfant (et chacun de mes enfants sera pourri-gâté).

Cependant je ne veux pas non plus lui imposer une maman alitée qui ne peut pas s’occuper de lui. Être alitée pour une première grossesse n’est pas facile psychologiquement, mais d’un point de vue logistique on n’a pas eu trop de mal à gérer. Mais je ne vois pas comment Papapom pourrait survivre en s’occupant de sa femme et de son fils. Et je sais désormais que l’alitement strict est inévitable.

Je nourris l’espoir d’une cloison utérine qu’on n’aurait pas vue aux échographies. N’importe quoi du moment que cela peut se résoudre.

Mais on m’a assez répété pendant ma grossesse que le plus souvent, il n’y avait pas de cause identifiée.

En attendant, si vous avez les coordonnées d’un bon praticien pour une hysteroscopie sur l’ouest de Paris / le 92, je vous serais reconnaissante de la partager, ça pourra peut-être me décider.

DPA

Il aurait dû naître aujourd’hui. Ou hier, ou demain. Et pourtant voilà presque 4 semaines qu’il est là. Que notre vie a changé à tout jamais.

Que j’ai des taches de lait au niveau des seins et une régurgitation sur l’épaule. Des cernes jusqu’aux genoux et la bouche constamment sèche. Que la douche est devenue un luxe et le chignon une obligation. Que je dors avec mes lunettes pour ne pas avoir à les chercher et l’observer fugacement la nuit. Qu’une veilleuse illumine la chambre la nuit. Que les repas ne sont plus qu’un concept. Que je google « est-ce normal si bébé… » (compléter par n’importe quel son/fluide/autre qui émanerait de bébé) 36 fois par jour. Que je prends 100 photos par jour même si elles sont moches et floues et qu’on voit un bout de sein là dans le coin.

Tout n’est pas facile (mais je ne m’attendais pas à ce que ça le soit). Notre couple est encore une fois mis à rude épreuve et il vaut mieux oublier les paroles qu’on peut avoir l’un envers l’autre à 4 heures du matin. Mon corps me trahit encore trop souvent à mon goût (mais ça ne fait QUE 4 semaines à peine…)

C’est mon dernier message sur ce blog. Je le conserve car il est le journal de ma grossesse mais je n’y écrirai plus. Ma manie de tout compartimenter me pousse à continuer mon aventure de jeune maman sur un autre espace.

37SA+2 (de justesse) : il est là !

Et il est parfait ❤

Samedi matin, je suis réveillée par des contractions assez désagréables mais complètement gérables et pas plus fréquentes que les habituelles que je me traîne depuis novembre. Du coup j'en profite pour regarder la neige et dire à bébé que ce n'est pas vraiment un temps à pointer son nez… et je me rendors comme une masse dans le canapé.

Vers 15h30, après manger, je me dis qu'il serait temps de bouger parce que je ne suis plus alitée quand même ! Un petit tour aux WC avant de me mettre à repasser, et en revenant je sens que ça coule. Je rigole avec Mister Pomelo, j'ai des fuites urinaires ! Je retourne aux toilettes et bon, c'est quand même vachement incolore comme pipi et pas facile à contrôler. J'ai bien envie de faire un saut à la mater…

Je me douche, et Mr Pom téléphone à beau-papa qui ne répond pas. Mon papa à moi est au boulot. Pas de stress (y a Point S) (hum) je suis à 37SA et ça coule pas vraiment malgré mes sautillements.

On arrive à la maternité vers 17h45, j'ai une nouvelle petite fuite en sortant de la voiture mais rien de fou, et en plus j'ai quasiment pas de contractions… A 18h une dame envoie son mari râler qu'ils sont là depuis 30min, ils se font envoyer paître et l'infirmière me dit à moi de venir (j'ai honte, je suis arrivée après elle, je n'ai rien demandé, je n'ai pas de douleurs mais bon… en plus j'ai entendu 10min plus tard qu'elle venait pour le même motif mais à un terme moins avancé :/)

Bref, la sage-femme arrive et me demande de me déshabiller pour m'examiner et là… gloups! Ça coule ! Moi qui n'étais pas sûre et venais juste pour me rassurer (on a pas pris le sac d'accouchement en partant !), la sage-femme elle n'a aucun doute.

Je suis installée en salle pour un monito, je n'ai AUCUNE contraction. Et mon col n'a pas bougé depuis mon dernier examen. WTF! On me refait tous les examens nécessaires pour la péridurale et on me laisse le choix pour l'heure à venir de rester en chambre, retourner en salle d'attente boire quelque chose ou aller marcher. J'opte pour quelques déambulations dans l'hôpital dans l'espoir de faire venir les choses (parce qu'un déclenchement après 4 mois de MAP ça serait juste un comble!)

On monte 2 escaliers et on fait quelques pas mais ça coule beaucoup et j'ai le vilain réflexe d'aller mettre la main sur mon entrejambe, ce qui me vaut des regards en coin des autres gens qui circulent dans l'hôpital. On décide de retourner en chambre et de tester plutôt le ballon. À quelques mètres à peine de l'entrée des urgences, je ressens une grosse douleur dans le dos qui me cloue sur place. Moi qui avais peur de rater les vraies contractions, finalement je n'aurais pas pu me tromper !

A peine revenue en chambre, elles s'enchaînent toutes les 3 minutes. Une sage-femme vient me montrer comment les gérer mais ne m'examine pas. Je suis primipare et c'est l'heure du changement d'équipe.

Mister Pom m'aide à gérer les contractions comme il peut mais elles s'enchaînent trop vite, je fais le calcul que 3 heures de contractions ça ne me fait pas une grosse dilatation, peut-être 4 ou 5.

Vers 21h je craque, il va chercher la sage-femme qui m'examine : je suis à 9 !!! On appelle l'anesthésiste, qui arrive 45min plus tard…

Elle n'est pas très agréable, je bouge trop et ne me positionne pas bien mais je contracte violemment aux 2 minutes et je sens mon bassin s'écarter. Je ne remercierai jamais assez l'infirmière qui m'a aidée à garder le cap à ce moment-là, même si je serais incapable de la reconnaître tant j'étais dans un état second.

La péridurale est bien placée mais ne fait pas assez effet par rapport à mes contractions, heureusement j'ai rapidement droit à une deuxième dose.

Mon dos et mon ventre ne me font plus mal, je n'ai plus que la sensation dans le pubis et les fesses. C'est désagréable mais gérable, et surtout nécessaire pour pousser.

On tente une première poussée à 23h30 mais bébé est encore un peu loin et mes poussées pas assez efficaces. On me place en position gynéco pour que bébé descende davantage de lui-même.

Vers 00h05, on retente le coup car je commence à avoir la sensation qu'il veut sortir. En 9 minutes et 7 ou 8 poussées, la tête est là, puis les épaules, et je peux attraper mon petit garçon. Il avait le cordon autour du cou alors il a été coupé par la sage-femme mais Mr Pom n'était de toute façon pas chaud pour le faire.

Bébé est donc né le 6 mars, il s'appelle Lucien et il est magnifique ! C'est une petite crevette, il a passé 2h en incubateur à côté de nous pour avoir bien chaud. Mais il a passé ces 2h les yeux ouverts, à bouger tous ses petits membres pour notre plus grand bonheur.

De mon côté, j'ai une déchirure qui a nécessité quelques points en interne et des éraillures, mais pas d'épisio. Ma crainte reste l'hémorragie du post-partum (on est stressée de la vie ou on ne l'est pas), mais je pense que je peux dire que j'ai eu un accouchement presque parfait… du moins selon mes critères. Et c'est bien là l'essentiel.

J'avoue avoir des craintes quant à une éventuelle deuxième grossesse cependant : entre la perte des eaux à peine 3 jours après avoir repris un semblant d'activité (mais en restant allongée très souvent quand même) et surtout un accouchement plutôt rapide pour un premier (5 heures et 30 minutes après la première contraction douloureuse), j'ai vraiment peur d'accoucher d'un préma la deuxième fois…

Mais on n'en est pas là ! Pour le moment, je savoure le bonheur d'avoir mon bébé à côté de moi. Je n'ai pas eu le coeur de le confier à la nurserie même si ce n'est pas génial car du coup je ne dors pas…

La puericultrice va passer dans 1h, je vais quand même essayer de me reposer ce temps-là car bébé n'a toujours pas voulu téter et ça m'inquiète un peu. Si je ne dois faire qu'une chose demain, je veux que ce soit ça : nourrir mon lutin au sein !

37SA

Ca y est, le combat contre la prématurité est gagné. Ça aura demandé quelques sacrifices (dont je ne saurai jamais s’ils étaient vraiment nécessaires) mais mon objectif est atteint.

Maintenant c’est l’impatience teintée d’appréhension qui s’empart de moi. Car je ne serai rassurée que quand je pourrai m’ennivrer de son odeur, plonger mes yeux dans les siens, caresser la douceur de sa peau, admirer la perfection de chacun de ses petits doigts et le nourrir à mon sein.

On t’attend petit homme.

Le difficile retour à la « vie normale »

J’en ai rêvé de ce moment où je pourrai me relever, marcher, m’asseoir, sortir… bref, quitter mon lit et vivre de nouveau normalement (dans la limite de ce qu’il est possible de faire à 8 mois de grossesse évidemment…)

Et j’avoue que j’ai retrouvé avec bonheur ma baignoire. Pas pour des bains, j’ai trop peur de ne pas savoir sortir de la baignoire entre ma fonte musculaire dans les jambes et mon canal carpien qui fait des siennes dans les bras… mais pour des douches à faire bondir les militants écolo. Je chouchoute mes cheveux bien abimés par ces 4 mois d’alitement, je prends le temps de les démêler mèche par mèche, je profite de mes nouveaux savons qui sentent bons… bref, j’ai un peu l’impression d’avoir gagné une épreuve de confort dans Koh-Lanta.

Mais à part ça, j’ai beaucoup de mal à profiter de ma liberté retrouvée. Je n’ai pas encore osé sortir me balader (j’entends par là aller jusqu’au bout de ma rue et revenir, mes jambes ne me porteront de toute façon pas plus loin). J’ai aussi beaucoup de mal à manger assise car c’est un moment où je contracte beaucoup.

D’ailleurs, je diminue progressivement le Chronadalate contre les contractions et… je le sens. Cette nuit, j’ai été réveillée par une grosse crise à 3h et je n’ai pu me rendormir qu’à 7h…

Malgré tout, babyboy reste bien haut et je commence à me demander s’il ne va pas me faire le coup d’aller à terme ou pire, de me valoir un déclenchement ! Bon, on en est encore loin, déjà 4 jours à tirer encore avant les 37SA… mais si, physiquement, j’ai encore du mal à sortir de mon lit, le moral lui est bien sorti de mes chaussettes !